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LASIK Article 07

Que se passe-t-il pendant un LASIK ? Le déroulement, minute par minute

Sommaire
  1. Avant d’entrer au bloc
  2. La veille et le matin
  3. L’arrivée et la préparation
  4. Au bloc : les étapes de l’intervention
  5. 1. L’installation
  6. 2. Le maintien des paupières
  7. 3. La création du volet cornéen
  8. 4. Le soulèvement du volet
  9. 5. Le traitement au laser excimer
  10. 6. Le repositionnement du volet
  11. 7. La fin de l’intervention
  12. Les questions que tout le monde se pose
  13. Est-on endormi ?
  14. Est-ce douloureux ?
  15. Que voit-on ?
  16. Peut-on cligner des yeux ?
  17. Que se passe-t-il si je bouge ?
  18. Puis-je regarder ailleurs ?
  19. Peut-on interrompre le laser ?
  20. Combien de temps dure réellement l’intervention ?
  21. Et si j’ai très peur ?
  22. Le rôle de chaque « acteur » de l’intervention
  23. Juste après l’intervention
  24. Questions fréquentes
  25. Les deux yeux sont-ils opérés le même jour ?
  26. Combien de temps faut-il rester au centre ?
  27. Le laser peut-il brûler l’œil ?
  28. Peut-on garder ses lunettes ou ses lentilles le jour de l’intervention ?
  29. Faut-il être à jeun ?
  30. Peut-on éternuer ou tousser pendant l’intervention ?
  31. Le volet peut-il bouger après l’intervention ?
  32. Sources et références médicales

Un LASIK se déroule sous anesthésie locale par collyres, vous restez éveillé, et l’intervention dure généralement moins de 30 minutes au total, installation comprise (FDA, 2018). Le temps pendant lequel le laser agit réellement est bien plus court, de l’ordre de quelques secondes à quelques dizaines de secondes par œil.

L’intervention n’est habituellement pas douloureuse, mais elle n’est pas pour autant dépourvue de sensations. Le moment le plus marquant est souvent celui de la pression sur l’œil et du voile qui assombrit la vision, pendant quelques dizaines de secondes, lors de la création du volet. Savoir à l’avance ce qui va se passer est la meilleure façon de le vivre sereinement.

Avant d’entrer au bloc

La veille et le matin

La FDA recommande d’arrêter crèmes, lotions, maquillage et parfums la veille de l’intervention, car ces produits et les résidus sur les cils peuvent augmenter le risque d’infection. Certains chirurgiens demandent aussi un nettoyage des cils pendant quelques jours (FDA, 2018). Prévoyez d’être accompagné : vous ne pourrez pas conduire au retour.

L’arrivée et la préparation

À votre arrivée, l’équipe vérifie votre identité, l’œil ou les yeux à opérer et votre dossier. Des gouttes sont instillées. Le chirurgien peut vous proposer un léger traitement relaxant , il altère la capacité à conduire, raison de plus pour être accompagné (FDA, 2018). Vous portez une charlotte et parfois une surblouse.

C’est le bon moment pour exprimer une inquiétude, poser une dernière question ou signaler une envie d’aller aux toilettes.

Au bloc : les étapes de l’intervention

1. L’installation

Vous êtes allongé sur le dos, sous l’appareil laser, qui comporte un microscope. La peau autour de l’œil est désinfectée, un champ stérile est posé, et l’autre œil est souvent couvert. Des gouttes anesthésiantes sont instillées : l’œil devient insensible au toucher en quelques instants (FDA, 2018).

2. Le maintien des paupières

Un petit instrument, l’écarteur (ou blépharostat), maintient les paupières ouvertes (FDA, 2018). Il n’est pas douloureux grâce à l’anesthésie, mais il peut sembler étrange ou légèrement inconfortable. Il empêche les paupières de gêner le geste et supprime la question du clignement.

3. La création du volet cornéen

C’est l’étape spécifique du LASIK, et celle que les patients décrivent le plus souvent. Le volet peut être créé de deux façons.

Avec un laser femtoseconde, aujourd’hui le plus répandu : une interface transparente vient se poser sur l’œil et aplanir légèrement la cornée. La vision s’assombrit et une pression peut être ressentie, avec parfois un inconfort (FDA, 2018). Le laser envoie des impulsions très brèves qui créent, dans l’épaisseur de la cornée, une multitude de microbulles qui séparent le tissu et dessinent le volet. Cette étape dure en général quelques dizaines de secondes, puis l’interface est retirée.

Avec un microkératome, un instrument mécanique à lame : un anneau de succion est posé sur l’œil, ce qui assombrit aussi la vision et provoque une sensation de pression, puis la lame découpe le volet (FDA, 2018).

Une synthèse Cochrane portant sur 11 essais randomisés n’a pas mis en évidence de différence d’acuité visuelle entre ces deux méthodes. Le laser femtoseconde était associé à davantage d’inflammation de l’interface (kératite lamellaire diffuse), et le microkératome à davantage de sécheresse, avec des preuves de faible certitude (Kahuam-López, 2020).

4. Le soulèvement du volet

Le chirurgien soulève délicatement le volet et le rabat sur sa charnière, comme la page d’un livre. À partir de ce moment, votre vision est floue et variable (FDA, 2018). Vous voyez de la lumière, des formes, la lumière de fixation, mais sans netteté.

5. Le traitement au laser excimer

Il vous est demandé de fixer une petite lumière, souvent clignotante. Elle ne correspond pas au laser de traitement : elle sert à vous aider à garder l’œil orienté au bon endroit (FDA, 2018).

Lorsque l’œil est bien positionné, le chirurgien déclenche le laser. Vous pouvez alors entendre un bruit régulier de tic-tac, et certaines personnes perçoivent une odeur comparée à celle de cheveux brûlés, due à la vaporisation de quelques microns de tissu (FDA, 2018). Elle est normale. La quantité de tissu retirée est calculée à l’avance par l’ordinateur du laser, à partir des mesures réalisées lors du bilan (FDA, 2018).

6. Le repositionnement du volet

Le volet est reposé, l’interface est rincée et le volet est lissé. Il adhère naturellement, sans points de suture (FDA, 2018). Le chirurgien vérifie son alignement au microscope.

7. La fin de l’intervention

Des gouttes sont instillées, l’écarteur est retiré. Une coque de protection est posée ou remise pour la nuit : elle évite de frotter l’œil ou d’appuyer dessus pendant le sommeil, et le protège des chocs le temps que le volet adhère (FDA, 2018). Le second œil est ensuite traité de la même façon lorsque les deux yeux sont opérés lors de la même séance.

Les questions que tout le monde se pose

Est-on endormi ?

Non. L’anesthésie est locale, par collyres. Vous devez rester éveillé pour fixer la lumière. Un relaxant léger peut être proposé, mais il ne s’agit pas d’une anesthésie générale.

Est-ce douloureux ?

La plupart des patients ne ressentent pas de douleur pendant l’intervention. La pression lors de la création du volet est souvent décrite comme la sensation la plus désagréable , la FDA parle de pression et d’un inconfort possible pendant cette étape (FDA, 2018). Il serait inexact de promettre une intervention totalement dépourvue de gêne.

Que voit-on ?

Successivement : la lumière du microscope, un assombrissement de la vision pendant la création du volet, puis une vision floue et colorée pendant le traitement, avec la lumière de fixation au centre. On ne voit ni la lame, ni les instruments de façon nette.

Peut-on cligner des yeux ?

Non, l’écarteur maintient les paupières ouvertes et l’œil est humidifié si nécessaire. Vous pouvez ressentir le réflexe de cligner, sans que cela ait de conséquence.

Que se passe-t-il si je bouge ?

De petits mouvements involontaires sont inévitables et prévus. Les lasers excimer modernes disposent de systèmes de suivi des mouvements de l’œil (eye-trackers) qui mesurent la position de la pupille et ajustent le faisceau en temps réel , la plupart suspendent automatiquement le tir si l’œil s’écarte trop. Le chirurgien surveille lui-même le centrage en continu et peut interrompre le traitement à tout moment, puis le reprendre.

En revanche, il est important de ne pas faire de mouvement brusque de la tête ou de parler en bougeant, et de prévenir verbalement si quelque chose ne va pas.

Puis-je regarder ailleurs ?

Il faut s’efforcer de fixer la lumière pendant le traitement. La FDA indique qu’une personne incapable de fixer un objet pendant au moins 60 secondes n’est peut-être pas une bonne candidate à cette chirurgie (FDA, 2018). Rassurez-vous : l’exercice est beaucoup plus facile qu’il n’y paraît, et l’équipe vous guide en permanence.

Peut-on interrompre le laser ?

Oui. Le chirurgien peut interrompre le traitement à tout moment, par exemple si l’œil se décentre ou si vous avez besoin d’une pause, puis le reprendre là où il s’était arrêté. Si la succion est perdue pendant la création du volet, ce qui peut arriver, la situation est gérée selon des procédures établies : selon le moment, la procédure peut être reprise immédiatement ou reportée.

Combien de temps dure réellement l’intervention ?

La FDA indique moins de 30 minutes (FDA, 2018). Ce temps inclut l’installation et, souvent, le traitement des deux yeux. La création du volet et le tir du laser ne représentent qu’une petite partie de cette durée.

Et si j’ai très peur ?

Dites-le dès la consultation. L’équipe peut adapter son accompagnement : explications pas à pas, relaxant léger, main tenue pendant le geste. La peur est fréquente et n’empêche pas le bon déroulement de l’intervention.

Le rôle de chaque « acteur » de l’intervention

Qui fait quoi pendant un LASIK

ÉlémentRôle
Le bilan préopératoireFournit les mesures qui permettent de calculer le traitement , aucune intervention n’est « improvisée » au bloc
Le système de fixation (lumière)Aide le patient à maintenir le regard dans l’axe
Le centrageRéalisé par le chirurgien avant le tir, par rapport à la pupille et aux repères de l’œil
Le suivi des mouvements (eye-tracker)Suit l’œil en temps réel et ajuste ou suspend le tir
Les dispositifs de sécuritéContrôles de l’énergie du laser, arrêt automatique en cas de décentrement important, vérifications avant chaque patient
Le chirurgienSupervise chaque étape, gère le volet, peut interrompre, adapter ou reporter la procédure
Le patientFixe la lumière, reste détendu, signale verbalement toute gêne

Juste après l’intervention

L’œil peut brûler, piquer, donner l’impression d’avoir un corps étranger, et larmoyer. La vision est souvent brumeuse ou floue. Une gêne à la lumière, des halos ou des étoiles autour des lumières et un œil rouge sont fréquents. Ces symptômes s’améliorent en général nettement en quelques jours (FDA, 2018).

Il est conseillé de rentrer chez soi, de se reposer et de garder les yeux fermés quelques heures. Le premier contrôle a lieu dans les 24 à 48 heures (FDA, 2018). La suite de la récupération est détaillée dans notre article sur la récupération après LASIK.

Questions fréquentes

Les deux yeux sont-ils opérés le même jour ?

C’est fréquent, pour des raisons pratiques. La FDA souligne cependant que cette option comporte des inconvénients : on ne peut pas observer la réaction du premier œil avant de traiter le second, et les deux yeux sont flous en même temps pendant la phase initiale (FDA, 2018). Certains patients préfèrent donc espacer les deux interventions. La décision se prend avec le chirurgien.

Combien de temps faut-il rester au centre ?

Il faut prévoir plusieurs heures au total : accueil, préparation, intervention, puis un court temps de surveillance et de vérification avant le départ.

Le laser peut-il brûler l’œil ?

Le laser excimer n’agit pas par la chaleur comme on l’imagine : il vaporise des couches microscopiques de tissu de façon très contrôlée. L’odeur perçue ne correspond pas à une brûlure de l’œil. Le laser femtoseconde agit, lui, à l’intérieur de la cornée par des impulsions ultracourtes.

Peut-on garder ses lunettes ou ses lentilles le jour de l’intervention ?

Les lentilles doivent être retirées plusieurs jours ou semaines avant, selon leur type et les consignes du chirurgien. Venez avec vos lunettes, et prévoyez des lunettes de soleil pour le retour.

Faut-il être à jeun ?

En général non, puisqu’il s’agit d’une anesthésie locale. Suivez toutefois les consignes précises du centre, notamment si un relaxant est prévu.

Peut-on éternuer ou tousser pendant l’intervention ?

Si vous sentez venir un éternuement ou une toux, prévenez immédiatement le chirurgien. Il suspendra le geste le temps nécessaire. C’est une situation connue des équipes.

Le volet peut-il bouger après l’intervention ?

Le volet adhère rapidement, mais il reste sensible aux frottements les premiers jours, et à un choc direct violent, même longtemps après. C’est pourquoi la coque, l’absence de frottement et la protection lors des sports à risque sont importantes. Voir notre article sur les risques du LASIK.

Sources et références médicales