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Implants ICL Article 22

ICL, LASIK, SMILE ou PKR : quelle solution pour une forte myopie ou une cornée fine ?

Sommaire
  1. Deux logiques de correction
  2. Le laser : sculpter la cornée
  3. L’ICL : ajouter une lentille
  4. Le comparatif, critère par critère
  5. Qualité optique et quantité de correction
  6. Préservation de la cornée et sécheresse
  7. Récupération
  8. Le caractère intraoculaire de l’ICL et ses risques
  9. La « réversibilité » : une notion à bien comprendre
  10. Le suivi à long terme
  11. Le coût et la prise en charge
  12. L’anatomie reste déterminante
  13. Questions fréquentes
  14. L’ICL est-il plus sûr que le LASIK pour une forte myopie ?
  15. La vision est-elle meilleure avec un ICL ?
  16. Peut-on faire un laser après un ICL ?
  17. Si j’ai un ICL, pourrai-je être opéré de la cataracte plus tard ?
  18. Pourquoi mon chirurgien refuse-t-il l’ICL alors que ma myopie est forte ?
  19. L’ICL est-il remboursé ?
  20. Sources et références médicales

Lorsque la myopie est forte ou que la cornée est fine, le choix de la technique devient plus délicat. Deux logiques s’opposent : les techniques laser (LASIK, SMILE, PKR) corrigent la vue en retirant du tissu cornéen, tandis que l’implant ICL corrige la vue sans rien retirer, en ajoutant une lentille à l’intérieur de l’œil.

Pour les fortes myopies, les données comparatives sont plutôt favorables aux implants en termes de qualité de vision et de sécurité à un an (Barsam, 2014). Mais l’ICL est une chirurgie intraoculaire, avec des risques d’une autre nature et un suivi au long cours. Et son caractère « réversible » ne doit pas être mal compris. L’anatomie de l’œil reste le critère décisif : aucune technique ne convient à tous les yeux.

Deux logiques de correction

Le laser : sculpter la cornée

Le LASIK, le SMILE et la PKR aplatissent la cornée en retirant une fine épaisseur de tissu. Plus la myopie est forte, plus il faut retirer de tissu. Cela a trois conséquences :

  • la marge de sécurité de la cornée diminue, avec un risque d’ectasie accru si le tissu restant est insuffisant (Randleman, 2008) ,
  • la qualité optique peut baisser, avec davantage d’aberrations, de halos et une sensibilité aux contrastes réduite ,
  • la prévisibilité du résultat diminue.

L’ICL : ajouter une lentille

L’implant corrige la myopie sans toucher à la forme de la cornée. La quantité de correction possible est bien plus élevée : jusqu’à –20 dioptries selon l’autorisation FDA de l’implant EVO (FDA, 2022). La cornée reste intacte, ce qui préserve sa résistance et ses nerfs.

Le comparatif, critère par critère

ICL et techniques laser comparés

CritèreICLLASIKSMILEPKR
PrincipeLentille ajoutée dans l’œilAblation sous un voletExtraction d’un lenticuleAblation en surface
Tissu cornéen retiréAucunOuiOuiOui
Chirurgie intraoculaireOuiNonNonNon
Quantité de correctionÉlevéeLimitée par la cornéeLimitée par la cornéeLimitée par la cornée et le risque de haze
Qualité optique pour forte myopieGénéralement très bonneDiminue avec la correctionDiminue avec la correctionDiminue avec la correction
SécheresseFaible (incision minime)Fréquente au débutSouvent moindre qu’en LASIKPossible
RécupérationRapideRapideRapidePlus lente
Principaux risquesCataracte, hausse de pression, perte endothéliale, infection intraoculaire, vault inadaptéVolet, sécheresse, ectasieLenticule, ectasieHaze, douleur, infection
Suivi à long termeIndispensable (endothélium, cristallin, pression, vault)StandardStandardStandard
RéversibilitéImplant retirable ou échangeable, au prix d’une nouvelle chirurgieNonNonNon

Qualité optique et quantité de correction

La synthèse Cochrane comparant laser et implants phaques pour des myopies de –6 à –20 dioptries, fondée sur trois essais randomisés, retrouve à un an (Barsam, 2014) :

  • une proportion comparable d’yeux voyant 10/10 sans correction ,
  • moins de pertes de meilleure acuité corrigée avec les implants ,
  • une meilleure sensibilité aux contrastes avec les implants ,
  • une préférence des patients pour les implants ,
  • un faible risque de cataracte précoce avec les implants.

Les résultats à long terme des implants actuels à orifice central sont stables : dans une série de 177 yeux suivis 8 ans, 83 % étaient à moins de 0,5 dioptrie de la cible, sans hausse significative de la pression ni perte significative de cellules endothéliales (Kamiya, 2021).

Préservation de la cornée et sécheresse

Pour une cornée fine, l’ICL a un avantage évident : il ne retire rien. Il évite donc le risque d’ectasie lié à l’ablation. La petite incision nécessaire à sa pose sectionne très peu de nerfs cornéens, ce qui limite la sécheresse, contrairement au volet du LASIK (Toda, 2018).

Récupération

La récupération visuelle est généralement rapide après un ICL, comme après un LASIK ou un SMILE. La PKR est la plus lente. Les détails sont dans notre article sur la récupération après implant ICL.

Le caractère intraoculaire de l’ICL et ses risques

C’est la contrepartie principale. L’implant est placé à l’intérieur de l’œil, entre l’iris et le cristallin. Les risques sont donc différents de ceux du laser :

  • la cataracte, favorisée par un contact ou une proximité entre l’implant et le cristallin, et dont le risque augmente avec l’âge et le degré de myopie (FDA, 2022) ,
  • la hausse de la pression intraoculaire, le plus souvent précoce et transitoire, plus rarement liée à une fermeture de l’angle nécessitant une intervention (FDA, 2022) ,
  • la perte de cellules endothéliales, qui doit être surveillée dans le temps (FDA, 2022) ,
  • l’infection à l’intérieur de l’œil (endophtalmie), très rare : environ un cas pour 6 000 implantations dans une enquête internationale (Allan, 2009) ,
  • un vault inadapté, nécessitant parfois un repositionnement ou un échange (Wei, 2022).

Ces risques sont détaillés dans notre article sur les risques et le suivi à long terme.

La « réversibilité » : une notion à bien comprendre

On présente souvent l’ICL comme une technique « réversible », parce que l’implant peut être retiré ou remplacé. C’est exact, mais cela mérite trois précisions :

1. Retirer ou échanger un implant est une nouvelle chirurgie intraoculaire, avec ses propres risques : infection, inflammation, hausse de pression, atteinte du cristallin ou de l’endothélium. 2. Certaines conséquences ne disparaissent pas avec le retrait : une cataracte déjà formée, une perte de cellules endothéliales ou une atteinte liée à une complication ne sont pas effacées par l’ablation de l’implant. 3. Le retrait ne ramène pas forcément à la situation de départ : l’œil a été opéré, et le patient retrouve sa forte myopie, avec ses lunettes ou ses lentilles.

Cette possibilité de retrait est donc un avantage réel en cas de problème ou d’évolution, par exemple pour permettre plus tard une chirurgie de la cataracte. Elle ne suffit pas à départager les options, et elle ne signifie pas que l’intervention est dépourvue de conséquences potentielles.

Le suivi à long terme

Après un laser, le suivi est standard. Après un ICL, il est indispensable à vie : comptage des cellules endothéliales, mesure du vault, pression intraoculaire, transparence du cristallin et examen de la rétine doivent être contrôlés régulièrement. Dans une série suivie plus de 10 ans avec des implants plus anciens, la perte endothéliale moyenne était d’environ 10 %, 7 % des yeux avaient développé une cataracte après 10 ans, et une progression myopique de –0,75 dioptrie avait été observée (Papa-Vettorazzi, 2022).

Le coût et la prise en charge

Nous ne citons pas de tarif : il dépend du centre, du type d’implant (sphérique ou torique), de la chirurgie d’un ou des deux yeux, et il est précisé après le bilan. Quelques repères, à vérifier au moment de votre démarche (septembre 2026) :

  • l’implant ICL relève de la chirurgie réfractive , comme les techniques laser, il n’est en règle générale pas remboursé par l’Assurance Maladie ,
  • certaines complémentaires santé prévoient un forfait chirurgie réfractive, parfois applicable aux implants : renseignez-vous avec un devis détaillé ,
  • le coût comprend en général l’implant lui-même, les honoraires, les frais de l’établissement, le bilan et le suivi ,
  • l’Assurance Maladie mentionne l’existence d’aides financières individuelles, soumises à conditions, sur demande auprès de la caisse (ameli.fr, forum des assurés).

L’anatomie reste déterminante

Aucune préférence de principe ne remplace l’analyse de votre œil :

  • une chambre antérieure trop peu profonde (moins de 3,00 mm) ou un angle étroit contre-indiquent l’ICL (FDA, 2022) ,
  • une densité endothéliale insuffisante pour l’âge le contre-indique également (FDA, 2022) ,
  • une cornée fine mais saine peut encore permettre, pour une myopie modérée, une PKR ou un SMILE ,
  • une cornée suspecte de kératocône contre-indique le laser standard ,
  • un cristallin qui commence à vieillir, après 45 ans, peut orienter vers une chirurgie du cristallin.

Exemples de raisonnement selon le profil

ProfilOption souvent discutéePourquoi
Myopie de –4 D, cornée normaleLASIK, SMILE ou PKRLe laser suffit et évite une chirurgie intraoculaire
Myopie de –9 D, cornée fine, chambre profondeICLPréservation de la cornée, meilleure qualité optique
Myopie de –6 D, cornée limite, chambre peu profondePKR ou SMILE si possible, sinon abstentionICL contre-indiqué par l’anatomie
Myopie de –12 D, 50 ans, début de cataracteChirurgie du cristallinLe cristallin est déjà en cause
Forte myopie, endothélium limiteLaser si possible, ou abstentionICL contre-indiqué

Exemples illustratifs, sans valeur de recommandation individuelle.

Questions fréquentes

L’ICL est-il plus sûr que le LASIK pour une forte myopie ?

À un an, les implants phaques entraînent moins de pertes de meilleure acuité corrigée que le laser pour les myopies de –6 à –20 dioptries (Barsam, 2014). Mais leurs risques sont différents, notamment la cataracte et les complications intraoculaires, et ils nécessitent un suivi prolongé.

La vision est-elle meilleure avec un ICL ?

Pour les fortes myopies, la qualité optique et la sensibilité aux contrastes sont souvent meilleures qu’après un laser (Barsam, 2014). Pour les myopies faibles à modérées, les deux approches donnent d’excellents résultats.

Peut-on faire un laser après un ICL ?

Oui, dans certains cas, pour affiner un petit défaut résiduel, si la cornée le permet. On parle alors de technique combinée.

Si j’ai un ICL, pourrai-je être opéré de la cataracte plus tard ?

Oui. L’implant est retiré lors de la chirurgie de la cataracte, puis le cristallin est remplacé par un implant classique. Le calcul de cet implant est plus simple qu’après un laser, puisque la cornée n’a pas été modifiée.

Pourquoi mon chirurgien refuse-t-il l’ICL alors que ma myopie est forte ?

Le plus souvent pour une raison anatomique : chambre antérieure trop peu profonde, angle étroit ou endothélium insuffisant. Ces contre-indications protègent l’œil de complications graves.

L’ICL est-il remboursé ?

En règle générale, non par l’Assurance Maladie, comme la chirurgie réfractive au laser. Certaines complémentaires santé prévoient un forfait. Demandez un devis détaillé.

Sources et références médicales

  • Barsam A, Allan BD. Excimer laser refractive surgery versus phakic intraocular lenses for the correction of moderate to high myopia. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2014,(6):CD007679. DOI : 10.1002/14651858.CD007679.pub4
  • U.S. Food and Drug Administration. EVO/EVO+ Visian Implantable Collamer Lens - PMA P030016/S035, approval order. 25 mars 2022. https://www.accessdata.fda.gov/cdrh_docs/pdf3/P030016S035A.pdf
  • U.S. Food and Drug Administration. EVO/EVO+ Visian Implantable Collamer Lens for Myopia - Directions for use / labeling (P030016/S035). 2022. https://www.accessdata.fda.gov/cdrh_docs/pdf3/P030016S035C.pdf
  • Kamiya K, Shimizu K, Takahashi M, et al. Eight-Year Outcomes of Implantation of Posterior Chamber Phakic Intraocular Lens With a Central Port for Moderate to High Ametropia. Frontiers in Medicine. 2021,8:799078. DOI : 10.3389/fmed.2021.799078
  • Papa-Vettorazzi MR, Güell JL, Cruz-Rodriguez JB, et al. Long-term efficacy and safety profiles after posterior chamber phakic intraocular lens implantation in eyes with more than 10 years of follow-up. Journal of Cataract and Refractive Surgery. 2022,48(7):813-818. DOI : 10.1097/j.jcrs.0000000000000848
  • Allan BD, Argeles-Sabate I, Mamalis N. Endophthalmitis rates after implantation of the intraocular Collamer lens: survey of users between 1998 and 2006. Journal of Cataract and Refractive Surgery. 2009,35(4):766-769. DOI : 10.1016/j.jcrs.2008.12.027
  • Wei R, Li M, Aruma A, et al. Factors leading to realignment or exchange after implantable collamer lens implantation in 10 258 eyes. Journal of Cataract and Refractive Surgery. 2022,48(10):1190-1196. DOI : 10.1097/j.jcrs.0000000000000950
  • Randleman JB, Woodward M, Lynn MJ, Stulting RD. Risk assessment for ectasia after corneal refractive surgery. Ophthalmology. 2008,115(1):37-50. DOI : 10.1016/j.ophtha.2007.03.073
  • Toda I. Dry Eye After LASIK. Investigative Ophthalmology & Visual Science. 2018,59(14):DES109-DES115. DOI : 10.1167/iovs.17-23538
  • Assurance Maladie (ameli.fr). Une chirurgie réfractive peut-elle être remboursée dans le cas d’une myopie forte ? Forum des assurés, 24 novembre 2020. https://forum-assures.ameli.fr/questions/2524749-chirurgie-refractive-peut-remboursee-cas-myopie-forte