Prendre RDV
Retour à Implants ICL

Implants ICL Article 23

Pose d’un implant ICL : comment se déroule l’opération, et que voit-on pendant l’intervention ?

Sommaire
  1. La préparation
  2. Avant le jour J
  3. À l’arrivée
  4. L’anesthésie
  5. L’installation
  6. Les étapes de l’intervention
  7. 1. La petite incision
  8. 2. La protection de l’œil
  9. 3. L’insertion de l’implant
  10. 4. Le déploiement
  11. 5. Le positionnement derrière l’iris
  12. 6. Le retrait du produit viscoélastique
  13. 7. Les contrôles en fin d’intervention
  14. 8. La fin de l’intervention
  15. Les questions que tout le monde se pose
  16. Est-ce douloureux ?
  17. Que voit-on pendant l’intervention ?
  18. Peut-on cligner des yeux ?
  19. Peut-on bouger ?
  20. Combien de temps dure l’intervention ?
  21. Et si je panique ?
  22. Les deux yeux sont-ils opérés le même jour ?
  23. Les vérifications de sécurité, avant et pendant
  24. Le retour à domicile
  25. Questions fréquentes
  26. Faut-il être à jeun ?
  27. L’incision doit-elle être recousue ?
  28. Peut-on sentir l’implant après l’intervention ?
  29. Pourquoi faut-il dilater la pupille ?
  30. Que se passe-t-il si l’implant n’a pas la bonne taille ?
  31. Les deux yeux opérés le même jour, est-ce plus risqué ?
  32. Sources et références médicales

La pose d’un implant ICL est une chirurgie ambulatoire de l’intérieur de l’œil, réalisée sous anesthésie locale. Le chirurgien pratique une très petite incision au bord de la cornée, injecte l’implant plié, qui se déploie dans l’œil, puis le positionne derrière l’iris et devant le cristallin. Vous rentrez chez vous le jour même.

L’intervention n’est généralement pas douloureuse. On perçoit surtout une lumière intense, des formes floues, parfois une sensation de pression. Contrairement aux techniques laser, il n’y a ni aspiration sur l’œil ni bruit de laser. En revanche, parce qu’il s’agit d’une chirurgie intraoculaire, les conditions de stérilité et de surveillance sont celles d’un bloc opératoire.

La préparation

Avant le jour J

Le choix de la taille et de la puissance de l’implant a été fait à partir du bilan, et l’implant est commandé spécifiquement pour votre œil. Vous recevez des consignes : collyres éventuels à commencer avant l’intervention, pas de maquillage ni de crème autour des yeux, présence d’un accompagnant, et parfois recommandations sur les repas et les médicaments habituels.

Les implants actuels à orifice central ne nécessitent généralement pas l’iridotomie préventive, cette petite ouverture au laser dans l’iris que requéraient les modèles plus anciens (FDA, 2022).

À l’arrivée

L’équipe vérifie votre identité, l’œil à opérer, l’implant prévu et sa puissance. Des gouttes sont instillées pour dilater la pupille, ce qui permet au chirurgien de bien voir et de placer l’implant. Un traitement relaxant léger peut être proposé.

L’anesthésie

L’anesthésie est locale. Selon les protocoles, elle repose sur des gouttes anesthésiantes, parfois complétées par un anesthésique injecté dans l’œil pendant l’intervention, ou, plus rarement, par une anesthésie autour de l’œil. Une anesthésie générale n’est en principe pas nécessaire, sauf situation particulière. Vous restez éveillé et pouvez communiquer avec l’équipe.

L’installation

Vous êtes allongé sous le microscope opératoire. La peau autour de l’œil est désinfectée, un champ stérile est posé sur le visage, avec une ouverture pour l’œil opéré, et un écarteur maintient les paupières ouvertes. Un léger flux d’air circule sous le champ pour votre confort.

Les étapes de l’intervention

1. La petite incision

Le chirurgien réalise une incision de quelques millimètres, 3,5 mm ou moins selon la notice de l’implant EVO (FDA, 2022), au bord de la cornée. Elle est conçue pour se refermer d’elle-même, sans suture dans la plupart des cas. Une ou deux petites incisions de service peuvent être ajoutées.

2. La protection de l’œil

Un gel visqueux transparent (produit viscoélastique) est injecté dans l’œil. Il maintient l’espace, protège l’endothélium de la cornée et le cristallin, et facilite les manœuvres.

3. L’insertion de l’implant

L’implant, très fin et souple, est plié dans un injecteur puis introduit par l’incision.

4. Le déploiement

Dans l’œil, l’implant se déploie lentement devant l’iris. Le chirurgien contrôle son orientation.

5. Le positionnement derrière l’iris

À l’aide d’un fin instrument, le chirurgien glisse délicatement les bords de l’implant derrière l’iris, un coin après l’autre. L’implant se retrouve alors devant le cristallin, sans le toucher, ses extrémités reposant dans le sulcus ciliaire (FDA, 2022). Pour un implant torique, qui corrige l’astigmatisme, il est tourné jusqu’à l’axe prévu.

6. Le retrait du produit viscoélastique

Le gel est soigneusement retiré. Cette étape est importante : un gel resté dans l’œil est la cause la plus fréquente de hausse de la pression dans les heures suivant l’intervention (FDA, 2022).

7. Les contrôles en fin d’intervention

Le chirurgien vérifie le centrage de l’implant, son orientation, l’espace qui le sépare du cristallin (le vault), l’étanchéité de l’incision et la pression de l’œil. Des gouttes, parfois un antibiotique, sont administrées.

8. La fin de l’intervention

L’écarteur et le champ sont retirés. Une coque ou un pansement peut être posé.

Les questions que tout le monde se pose

Est-ce douloureux ?

En général, non. L’anesthésie supprime la douleur. Vous pouvez percevoir un contact, une pression ou une légère gêne, notamment lors des manipulations de l’implant, et parfois une sensation d’éblouissement due à la lumière du microscope. Si vous ressentez une douleur, dites-le : l’anesthésie peut être complétée.

Que voit-on pendant l’intervention ?

Surtout une lumière très vive, celle du microscope, et des formes floues, parfois colorées. Certains patients voient des mouvements ou des ombres, sans pouvoir distinguer les instruments. La pupille étant dilatée et l’œil opéré, la vision reste floue pendant tout le geste.

Peut-on cligner des yeux ?

Non, l’écarteur maintient les paupières ouvertes et l’œil est régulièrement humidifié. L’envie de cligner est fréquente, mais sans conséquence.

Peut-on bouger ?

Il faut rester immobile, sans mouvement brusque de la tête, et regarder en direction de la lumière du microscope selon les consignes. Il n’y a pas de suivi automatique des mouvements comme avec un laser : c’est le chirurgien qui adapte ses gestes en permanence. Si vous avez besoin de tousser, d’éternuer ou de bouger, prévenez à voix haute : le chirurgien marquera une pause.

Combien de temps dure l’intervention ?

Le geste lui-même est court, généralement de l’ordre d’une vingtaine de minutes au plus par œil, variable selon l’anatomie, le type d’implant et le protocole. Il faut compter plusieurs heures au total dans l’établissement, avec la préparation et la surveillance.

Et si je panique ?

Signalez votre anxiété dès la consultation. Un relaxant, des explications à chaque étape et la présence rassurante de l’équipe aident beaucoup. Le chirurgien peut interrompre brièvement le geste si nécessaire.

Les deux yeux sont-ils opérés le même jour ?

Il n’y a pas de règle unique. Deux organisations existent :

  • les deux yeux le même jour, l’un après l’autre, avec des instruments et un champ stériles différents pour chaque œil ,
  • les deux yeux à quelques jours ou semaines d’intervalle, ce qui permet de vérifier le résultat du premier œil avant d’opérer le second.

Une étude multicentrique portant sur 176 patients opérés des deux yeux le même jour a retrouvé de bons résultats et seulement des événements indésirables mineurs à un an (Russo, 2024). Les pratiques varient toutefois : dans une enquête menée auprès de 531 chirurgiens chinois, environ 55 % privilégiaient l’intervention des deux yeux le même jour et 45 % préféraient les espacer, la crainte principale étant le risque d’infection intraoculaire (Jiang, 2023).

L’organisation dépend donc :

  • du protocole de l’équipe chirurgicale ,
  • du contexte médical : anatomie, facteurs de risque, particularités d’un œil ,
  • de l’organisation du centre ,
  • de la décision du chirurgien, prise avec vous.

Les vérifications de sécurité, avant et pendant

Une chirurgie intraoculaire répond à des exigences particulières, qui expliquent certaines étapes parfois surprenantes pour le patient :

  • la vérification de l’implant : modèle, taille, puissance et axe pour un implant torique sont contrôlés à voix haute par l’équipe, à partir de votre dossier ,
  • la désinfection de la surface oculaire, étape essentielle de prévention de l’infection intraoculaire ,
  • la vérification du côté à opérer, selon une procédure formalisée ,
  • le contrôle de la dilatation : une pupille insuffisamment dilatée peut conduire à différer le geste ,
  • le contrôle de la pression et de l’étanchéité en fin d’intervention.

Si l’un de ces éléments n’est pas satisfaisant, le chirurgien peut décider de reporter l’intervention. Ce report n’est pas un échec : c’est une décision de sécurité.

Le retour à domicile

Après une courte surveillance, et parfois un contrôle de la pression de l’œil quelques heures après l’intervention, vous rentrez chez vous accompagné. Il est conseillé de se reposer et de commencer les collyres selon l’ordonnance. Un contrôle est prévu dès le lendemain. La suite est détaillée dans notre article sur la récupération après implant ICL.

Questions fréquentes

Faut-il être à jeun ?

Cela dépend du type d’anesthésie et du protocole de l’établissement. Suivez les consignes qui vous sont données.

L’incision doit-elle être recousue ?

Le plus souvent non : elle est conçue pour se refermer d’elle-même. Un point de suture est parfois posé.

Peut-on sentir l’implant après l’intervention ?

Non. L’implant se trouve derrière l’iris et n’est pas perceptible. Une gêne passagère est liée à l’incision et aux gouttes, pas à l’implant.

Pourquoi faut-il dilater la pupille ?

Pour permettre au chirurgien de voir le cristallin et de glisser l’implant derrière l’iris en toute sécurité.

Que se passe-t-il si l’implant n’a pas la bonne taille ?

Le vault est mesuré dès la fin de l’intervention puis lors des contrôles. Si l’implant est trop grand ou trop petit, il peut être repositionné ou échangé, ce qui reste rare : 0,21 % des yeux dans une série de 10 258 (Wei, 2022).

Les deux yeux opérés le même jour, est-ce plus risqué ?

Opérer les deux yeux le même jour ne modifie pas le risque propre à chaque œil, mais une complication pourrait alors toucher les deux yeux. C’est pourquoi les protocoles stricts de stérilité séparent entièrement les deux interventions. La décision se prend avec le chirurgien.

Sources et références médicales

  • U.S. Food and Drug Administration. EVO/EVO+ Visian Implantable Collamer Lens for Myopia - Directions for use / labeling (P030016/S035). 2022. https://www.accessdata.fda.gov/cdrh_docs/pdf3/P030016S035C.pdf
  • U.S. Food and Drug Administration. EVO/EVO+ Visian Implantable Collamer Lens - PMA P030016/S035, approval order. 25 mars 2022. https://www.accessdata.fda.gov/cdrh_docs/pdf3/P030016S035A.pdf
  • Russo A, Filini O, Mertens E, et al. Immediate Sequential Bilateral Implantable Collamer Lens Surgery Is Safe and Effective. Journal of Refractive Surgery. 2024,40(5):e313-e320. DOI : 10.3928/1081597X-20240326-01
  • Jiang Y, Chen X, Cheng M, et al. Immediate or Delayed Sequential Bilateral ICL Surgery: a Survey of Chinese Ophthalmologists. Ophthalmology and Therapy. 2023,12(1):217-237. DOI : 10.1007/s40123-022-00599-4
  • Wei R, Li M, Aruma A, et al. Factors leading to realignment or exchange after implantable collamer lens implantation in 10 258 eyes. Journal of Cataract and Refractive Surgery. 2022,48(10):1190-1196. DOI : 10.1097/j.jcrs.0000000000000950
  • Thompson V, Cummings AB, Wang X. Implantable Collamer Lens Procedure Planning: A Review of Global Approaches. Clinical Ophthalmology. 2024,18:1033-1043. DOI : 10.2147/OPTH.S456397