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Implants ICL Article 21

Implant ICL : pour quels patients est-il préférable au laser ?

Sommaire
  1. Le principe d’un implant phaque
  2. Une lentille ajoutée, pas un tissu retiré
  3. Où est-il placé ?
  4. Un implant qui peut être retiré
  5. Dans quelles situations l’ICL peut-il être envisagé ?
  6. Une forte myopie
  7. Une cornée qui ne permet pas un traitement laser satisfaisant
  8. D’autres critères individuels
  9. Les indications autorisées aux États-Unis
  10. Le bilan préopératoire : plus complet qu’avant un laser
  11. L’endothélium cornéen
  12. Le choix de la taille
  13. Les contre-indications
  14. Comment sont choisies la puissance et la taille de l’implant
  15. ICL et lentilles de contact : ce qui change
  16. Pourquoi l’ICL n’est-il pas proposé à tout le monde ?
  17. Questions fréquentes
  18. L’ICL est-il réservé aux très fortes myopies ?
  19. Peut-on sentir l’implant dans l’œil ?
  20. L’ICL corrige-t-il l’astigmatisme ?
  21. L’ICL corrige-t-il la presbytie ?
  22. Pourquoi faut-il une chambre antérieure profonde ?
  23. Peut-on se faire poser un ICL après une chirurgie laser ?
  24. Sources et références médicales

L’implant ICL (Implantable Collamer Lens) est une lentille de correction placée à l’intérieur de l’œil, derrière l’iris et devant le cristallin, sans retirer ce dernier ni toucher à la forme de la cornée. On parle d’implant phaque, car l’œil conserve son cristallin naturel.

La réponse courte à la question posée est la suivante : l’ICL est souvent préféré au laser lorsque la myopie est forte, ou lorsque la cornée ne permet pas un traitement laser satisfaisant et sûr. Mais c’est une chirurgie intraoculaire, qui exige une anatomie particulière et un suivi à long terme. Le bilan préopératoire détermine si votre œil s’y prête, et il conduit parfois à conclure que non.

Le principe d’un implant phaque

Une lentille ajoutée, pas un tissu retiré

Les techniques laser corrigent la myopie en retirant une fine épaisseur de cornée pour l’aplatir. L’ICL procède autrement : c’est une lentille très fine, souple, fabriquée dans un matériau biocompatible, qui dévie les rayons lumineux pour que l’image se forme sur la rétine. Il fonctionne un peu comme une lentille de contact, mais placée à l’intérieur de l’œil.

Où est-il placé ?

L’ICL est placé dans la chambre postérieure, l’espace situé entre l’iris (la partie colorée de l’œil) et le cristallin. Ses bords reposent dans le sulcus ciliaire, un petit sillon situé derrière l’iris (FDA, 2022). Il n’est ni visible de l’extérieur, ni perceptible par le patient.

Entre l’implant et le cristallin, il doit rester un espace, appelé vault, qui permet la circulation du liquide de l’œil et évite le contact entre l’implant et le cristallin. Les implants actuels comportent un orifice central qui facilite cette circulation et rend inutile, dans la plupart des cas, la petite ouverture préventive dans l’iris que nécessitaient les modèles plus anciens (FDA, 2022).

Un implant qui peut être retiré

L’ICL peut, si nécessaire, être repositionné, échangé ou retiré. Cette possibilité est rassurante, mais elle ne signifie pas que l’intervention est anodine ou sans conséquence. Ce point est détaillé dans notre article sur les risques et le suivi à long terme.

Dans quelles situations l’ICL peut-il être envisagé ?

Une forte myopie

C’est l’indication principale. Plus la myopie est forte, plus le laser doit retirer de tissu, avec davantage de halos, une prévisibilité moindre et une marge de sécurité réduite pour la cornée. La synthèse Cochrane comparant laser et implants phaques pour les myopies de –6 à –20 dioptries a montré qu’à un an, la proportion d’yeux voyant 10/10 sans correction était comparable, mais que les implants phaques exposaient à moins de pertes de meilleure acuité corrigée, donnaient une meilleure sensibilité aux contrastes et étaient préférés par les patients. Les auteurs soulignent aussi un faible risque de cataracte précoce avec les implants (Barsam, 2014).

Ils suggèrent que l’implant phaque, déjà accepté pour les myopies de 7 dioptries ou plus, pourrait être envisagé pour des myopies plus modérées, en tenant compte des données de sécurité à long terme (Barsam, 2014).

Une cornée qui ne permet pas un traitement laser satisfaisant

  • une cornée trop fine pour la correction envisagée ,
  • une cornée irrégulière, ou dont la topographie est limite ,
  • un risque biomécanique jugé trop élevé pour un traitement laser.

Point important : une cornée atteinte de kératocône évolutif doit d’abord être stabilisée et relève d’une prise en charge spécifique. L’ICL peut parfois être discuté dans des kératocônes stables, mais c’est une décision spécialisée.

D’autres critères individuels

  • une sécheresse oculaire importante, que le laser risquerait d’aggraver ,
  • un astigmatisme associé, corrigé par un implant torique (FDA, 2022) ,
  • une forte hypermétropie, avec des implants spécifiques, dans des conditions anatomiques plus exigeantes ,
  • le souhait de préserver la cornée intacte.

Les indications autorisées aux États-Unis

À titre de repère, l’autorisation accordée par la FDA en 2022 pour l’implant EVO couvre la myopie de –3 à –20 dioptries, avec un astigmatisme jusqu’à 2,5 dioptries pour l’implant sphérique, et de 1 à 4 dioptries pour l’implant torique, chez des patients de 21 à 45 ans ayant une réfraction stable depuis un an et une chambre antérieure d’au moins 3,00 mm (FDA, 2022). En Europe, les indications relèvent du marquage CE et peuvent différer.

Le bilan préopératoire : plus complet qu’avant un laser

L’ICL étant placé à l’intérieur de l’œil, le bilan vérifie qu’il y a assez de place, que l’implant ne gênera ni la circulation du liquide intraoculaire ni la cornée, et que l’œil est en bonne santé.

Les examens spécifiques avant un implant ICL

ExamenCe qu’il mesurePourquoi c’est important
Réfraction et stabilitéLe défaut visuel et son évolutionCorrection stable depuis au moins un an (FDA, 2022)
Profondeur de la chambre antérieureL’espace entre la cornée et le cristallinAu moins 3,00 mm selon l’autorisation FDA , un espace insuffisant contre-indique l’implant
Comptage des cellules endothélialesLe nombre de cellules de la face interne de la cornéeCes cellules ne se renouvellent pas , un seuil minimal, fonction de l’âge, est exigé
Pression intraoculaireLe risque de glaucomeUn glaucome modéré à sévère contre-indique l’implant
Angle iridocornéenL’ouverture de la zone d’évacuation du liquide de l’œilUn angle étroit expose à un risque de fermeture de l’angle
CristallinSa transparenceUne cataracte débutante oriente vers une autre stratégie
Examen de la rétineLa rétine périphérique, fragile chez le fort myopeLésions à traiter ou surveiller
Mesures des dimensions internesDiamètre de la cornée, largeur de la chambre et du sulcusChoix de la taille de l’implant pour obtenir un vault adapté

L’endothélium cornéen

L’endothélium est la couche de cellules qui tapisse la face interne de la cornée et la maintient transparente en pompant l’eau. Ces cellules ne se renouvellent pas et diminuent naturellement avec l’âge. L’autorisation de la FDA fixe une densité minimale selon l’âge et la profondeur de la chambre : par exemple, au moins 3 875 cellules par mm² entre 21 et 25 ans et 2 350 entre 41 et 45 ans pour une chambre de 3,0 mm (FDA, 2022). Ces seuils visent à garder une réserve suffisante pour toute la vie.

Le choix de la taille

Le choix de la taille de l’implant est l’une des étapes les plus délicates. Il repose historiquement sur la profondeur de la chambre antérieure et le diamètre de la cornée, et de plus en plus sur des imageries précises de l’intérieur de l’œil, comme la tomographie en cohérence optique ou l’échographie à haute fréquence. Plusieurs méthodes de calcul donnent des résultats acceptables (Thompson, 2024). Un implant trop petit ou trop grand donne un vault trop faible ou trop élevé, ce qui augmente le risque de certaines complications, sans être en soi une complication (Thompson, 2024).

Les contre-indications

L’autorisation de la FDA contre-indique l’implant EVO en cas de (FDA, 2022) :

  • chambre antérieure de moins de 3,00 mm ,
  • angle iridocornéen insuffisamment ouvert ,
  • grossesse ou allaitement ,
  • âge inférieur à 21 ans ,
  • glaucome modéré à sévère ,
  • densité de cellules endothéliales insuffisante pour l’âge.

S’y ajoutent, en pratique : une cataracte ou un cristallin qui commence à s’opacifier, une inflammation oculaire chronique (uvéite), certaines maladies de la cornée ou de la rétine, un diabète mal équilibré et une correction instable.

Comment sont choisies la puissance et la taille de l’implant

Deux paramètres distincts sont déterminés lors du bilan :

  • la puissance optique, calculée à partir de votre correction, de la profondeur de la chambre antérieure et de la kératométrie. Elle vise en général l’emmétropie, c’est-à-dire une vision nette de loin sans correction, mais une cible légèrement différente peut être choisie, par exemple dans une stratégie de monovision chez un patient presbyte ,
  • la taille de l’implant, choisie parmi plusieurs longueurs disponibles, qui détermine le vault, c’est-à-dire l’espace laissé entre l’implant et le cristallin.

L’implant est ensuite commandé spécifiquement pour votre œil, ce qui explique le délai entre le bilan et l’intervention. Les méthodes de calcul de la taille reposent sur des mesures internes de l’œil, dont la précision s’est nettement améliorée avec l’imagerie moderne (Thompson, 2024).

ICL et lentilles de contact : ce qui change

Beaucoup de candidats à l’ICL sont d’anciens porteurs de lentilles, parfois intolérants. Les différences pratiques sont importantes :

  • une lentille de contact se pose sur la cornée, se retire chaque jour et expose à des complications de surface, notamment infectieuses en cas de mauvaise hygiène ou de port prolongé ,
  • l’implant ICL est placé à l’intérieur de l’œil, une fois pour toutes, sans manipulation quotidienne, mais son implantation est un acte chirurgical et impose un suivi prolongé.

Le confort quotidien et la qualité de vision sont donc en général très supérieurs avec un implant, au prix d’une intervention et d’une surveillance à long terme.

Pourquoi l’ICL n’est-il pas proposé à tout le monde ?

  • Parce que c’est une chirurgie intraoculaire. Même rares, les risques d’infection à l’intérieur de l’œil, de hausse de pression ou de cataracte sont d’une autre nature que ceux d’un laser.
  • Parce que l’anatomie doit s’y prêter. Beaucoup d’yeux, notamment hypermétropes, n’ont pas une chambre antérieure assez profonde.
  • Parce que le laser suffit souvent. Pour une myopie faible à modérée avec une cornée saine, le laser donne d’excellents résultats sans entrer dans l’œil.
  • Parce qu’un suivi à long terme est nécessaire. Endothélium, cristallin, pression et vault doivent être contrôlés pendant des années.
  • Parce que l’âge compte. Après 45 ans, le cristallin commence à vieillir, et une chirurgie du cristallin peut devenir plus logique. Voir notre article PresbyLASIK ou implants du cristallin.

Pour comparer l’ICL aux techniques laser, voir notre article ICL, LASIK, SMILE ou PKR.

Questions fréquentes

L’ICL est-il réservé aux très fortes myopies ?

Non, même s’il s’agit de son indication principale. Il peut aussi être envisagé pour des myopies plus modérées lorsque la cornée ne permet pas un laser satisfaisant. La synthèse Cochrane suggère qu’il peut être discuté dès des niveaux de myopie modérés (Barsam, 2014).

Peut-on sentir l’implant dans l’œil ?

Non. Il est placé derrière l’iris, à l’intérieur de l’œil, et n’est pas perceptible.

L’ICL corrige-t-il l’astigmatisme ?

Oui, avec un implant torique, dans certaines limites : de 1 à 4 dioptries selon l’autorisation FDA de l’implant EVO (FDA, 2022).

L’ICL corrige-t-il la presbytie ?

Les implants standard ne corrigent pas la presbytie. Après 45 ans, cette question doit être intégrée à la réflexion, et une chirurgie du cristallin peut être plus adaptée.

Pourquoi faut-il une chambre antérieure profonde ?

Parce que l’implant occupe de la place derrière l’iris. Si l’espace est insuffisant, l’implant peut pousser l’iris vers l’avant, gêner l’évacuation du liquide de l’œil ou s’approcher de l’endothélium.

Peut-on se faire poser un ICL après une chirurgie laser ?

C’est possible dans certains cas, par exemple pour corriger une forte myopie résiduelle ou évolutive, après une évaluation spécifique.

Sources et références médicales