On vous a proposé une PKR alors que vous pensiez faire un LASIK, ou vous hésitez entre plusieurs techniques. C’est une situation fréquente. La réponse courte est la suivante : la PKR est souvent préférée lorsque la cornée est fine ou limite, lorsque sa surface est irrégulière, ou lorsque le mode de vie expose l’œil à des chocs, car elle ne crée ni volet ni poche dans l’épaisseur de la cornée.
En contrepartie, sa récupération est plus lente et plus inconfortable les premiers jours. Le choix dépend donc de plusieurs facteurs à la fois : l’anatomie de votre cornée, la nature et le niveau de votre correction, vos activités, votre tolérance à quelques jours d’inconfort et vos attentes. Aucun de ces critères ne suffit à lui seul, et c’est précisément ce que le bilan préopératoire sert à arbitrer.
Cet article explique ce qui distingue la PKR des autres techniques, dans quelles situations elle peut être la plus adaptée, et dans quelles situations une autre option - y compris l’absence de chirurgie - est plus raisonnable.
Qu’est-ce que la PKR, en une minute ?
La cornée est la lentille transparente située à l’avant de l’œil. Elle assure environ les deux tiers de la puissance optique de l’œil. Modifier très légèrement sa courbure permet de corriger une myopie, une hypermétropie ou un astigmatisme.
La cornée comporte plusieurs couches. Les deux qui nous intéressent ici sont :
- l’épithélium, une fine couche de cellules en surface, qui se renouvelle en permanence et cicatrise en quelques jours ,
- le stroma, la partie épaisse et structurelle de la cornée, faite de lamelles de collagène. C’est lui qui est remodelé par le laser.
En PKR, le chirurgien retire l’épithélium sur une zone centrale, puis le laser excimer sculpte directement la surface du stroma. L’épithélium repousse ensuite par-dessus, sous la protection d’une lentille de contact « pansement ». Selon les équipes, l’épithélium est retiré mécaniquement, à l’aide d’une solution d’alcool dilué, ou directement par le laser : on parle alors de PKR transépithéliale (TransPKR). Une méta-analyse publiée en 2025, portant sur 20 études et plus de 10 000 yeux, ne retrouve pas de différence statistiquement significative d’efficacité ni de sécurité entre ces façons de retirer l’épithélium (Serfözö, 2025).
Pour comparaison :
- en LASIK, un fin volet est découpé dans la cornée, soulevé, puis le laser traite le stroma sous ce volet, qui est ensuite reposé ,
- en SMILE, un laser femtoseconde découpe un petit disque de tissu (le lenticule) à l’intérieur de la cornée, que le chirurgien extrait par une petite incision.
Ces trois techniques corrigent le défaut visuel en modifiant la cornée. Elles diffèrent par la manière d’accéder au stroma, et c’est cette différence qui explique leurs avantages et leurs limites respectifs.
Pourquoi choisir la PKR malgré une récupération plus lente ?
Il faut d’abord être clair sur le prix à payer. La synthèse Cochrane qui compare le LASIK et la PKR pour la myopie (13 essais randomisés, 1 923 yeux) conclut que le LASIK offre une récupération visuelle plus rapide et qu’il est moins douloureux, avec des résultats comparables un an après l’intervention (Shortt, 2013). Les auteurs soulignent toutefois que la qualité globale des preuves est faible et que les essais inclus sont anciens.
Si un chirurgien vous propose malgré tout une PKR, c’est donc qu’il estime que, dans votre situation, ses avantages l’emportent sur ce délai de récupération. Ces avantages tiennent essentiellement à trois points.
1. L’absence de volet cornéen
Le volet du LASIK cicatrise surtout sur ses bords. Même des années après l’intervention, il peut rester vulnérable à un traumatisme direct important : des déplacements tardifs du volet après un choc ont été décrits, notamment chez des militaires (Franklin, 2004). La PKR supprime totalement ce risque, puisqu’il n’y a pas de volet à déplacer.
2. Une meilleure préservation de la résistance de la cornée
Les couches antérieures du stroma sont les plus résistantes. Le LASIK les sectionne pour créer le volet, alors que la PKR retire du tissu sans découper de volet. Un modèle mathématique a estimé la résistance restante de la cornée après une même quantité de tissu retiré : environ 68 % de la résistance initiale après PKR, contre 54 % après LASIK et 75 % après SMILE, dans l’exemple d’une cornée de 550 microns dont on retire 100 microns (Reinstein, 2013). Il s’agit d’une modélisation, et non d’une mesure réalisée chez des patients, mais elle aide à comprendre pourquoi la PKR est souvent privilégiée lorsque la marge d’épaisseur est faible.
3. Un traitement qui porte directement sur la surface
Parce que le laser agit en surface, la PKR peut être intéressante lorsque cette surface est elle-même irrégulière : certaines anomalies de l’épithélium ou de sa membrane d’ancrage (par exemple une dystrophie de la membrane basale épithéliale) ou certaines opacités superficielles. Elle est aussi souvent retenue pour une retouche après une chirurgie antérieure, lorsque rouvrir un volet paraît risqué, ou pour affiner le résultat après une chirurgie de la cataracte (Gurnani, StatPearls 2025 , AAO, 2026).
Les situations dans lesquelles la PKR est souvent privilégiée
Une cornée fine ou « limite »
C’est l’indication la plus classique. L’American Academy of Ophthalmology indique que la PKR peut être un bon choix pour les personnes qui ont une cornée fine et souhaitent une chirurgie réfractive (AAO, 2026).
Encore faut-il préciser ce que l’on entend par « fine ». Une cornée peut être naturellement plus fine que la moyenne tout en étant parfaitement saine. Dans ce cas, la PKR permet de conserver davantage de tissu intact que le LASIK. En revanche, une cornée fine parce qu’elle est fragile - c’est-à-dire parce qu’elle présente les signes d’un kératocône débutant - ne relève pas d’une PKR standard. Le risque est alors celui d’une ectasie, une déformation progressive de la cornée. Distinguer ces deux situations est l’un des objectifs majeurs du bilan.
Un mode de vie ou une profession exposés aux chocs
Sports de combat, sports de contact, arts martiaux, certaines professions exposées (militaires, forces de l’ordre, pompiers, certains métiers manuels) : lorsque le risque de traumatisme oculaire direct est réel et répété, l’absence de volet devient un argument important. L’AAO mentionne explicitement qu’un mode de vie ou un métier très actifs peuvent faire préférer la PKR au LASIK (AAO, 2026).
L’exemple militaire est parlant. Dans une étude prospective portant sur 785 pilotes de l’aéronavale américaine opérés par PKR, tous ont fini par reprendre le vol , environ 79 % remplissaient les critères de reprise à 4 semaines et 91 % à 12 semaines (Tanzer, 2024). Ces chiffres ne sont pas transposables tels quels à la vie civile, car les critères de reprise du vol sont particulièrement exigeants. Ils illustrent cependant deux réalités : la PKR est jugée fiable dans des environnements très exigeants, et le retour à une vision « de haut niveau » demande plus de temps que les premiers jours ne le laissent penser.
Précision importante : le SMILE ne comporte pas de volet non plus. Pour un sportif de contact, le choix se fait donc souvent entre PKR et SMILE, selon le défaut à corriger, l’anatomie et la tolérance à une récupération plus lente. Nous comparons ces options en détail dans notre article SMILE, LASIK ou PKR.
Une surface cornéenne irrégulière ou déjà opérée
La PKR peut être intéressante en cas d’irrégularités épithéliales, de fragilité de l’adhérence de l’épithélium, ou chez des patients déjà opérés (retouche après LASIK, chirurgie réfractive antérieure, greffe de cornée dans certaines situations). Ces indications relèvent d’une évaluation spécialisée au cas par cas.
Certaines corrections de faible à moyenne amplitude
Pour une myopie faible à modérée, avec ou sans astigmatisme, la PKR donne des résultats réfractifs comparables à ceux du LASIK à moyen terme. Le choix repose alors surtout sur l’anatomie, le mode de vie et la tolérance à la phase de récupération.
À l’inverse : quand la PKR n’est pas le meilleur choix
C’est la partie la plus importante de cet article. Présenter la PKR comme une solution universelle serait aussi inexact que de la présenter comme un choix par défaut.
Lorsque la correction est élevée
Plus la correction est forte, plus le laser doit retirer de tissu en profondeur. Or la fréquence et l’intensité du haze - un voile cicatriciel qui peut se former sous l’épithélium - augmentent avec la profondeur de la photoablation (Charpentier, 2021). Dans une étude danoise à long terme, la prévisibilité du résultat était nettement plus faible et le haze plus fréquent chez les forts myopes que chez les myopes faibles, avec des lasers d’ancienne génération (Vestergaard, 2013).
Les techniques modernes et l’application peropératoire de mitomycine C, un médicament qui freine la cicatrisation excessive, ont amélioré la situation (Majmudar, 2015). Mais pour les fortes myopies, notamment lorsqu’elles s’associent à une cornée fine, un implant phaque (ICL) peut être une option plus appropriée. Voir notre article sur les indications de l’implant ICL.
Lorsque le bilan détecte une cornée à risque
Un kératocône avéré ou suspecté, une topographie cornéenne anormale ou un profil de cornée « à risque » contre-indiquent en général toute chirurgie réfractive laser standard, PKR comprise. Dans la grande série de Randleman, une topographie anormale était le premier facteur distinguant les patients ayant développé une ectasie après chirurgie laser (Randleman, 2008). Sur les 171 cas d’ectasie analysés, 7 étaient survenus après une PKR : l’ectasie est donc beaucoup plus rarement décrite après PKR qu’après LASIK, mais elle n’est pas impossible.
Des protocoles associant PKR et renforcement de la cornée par cross-linking ont été proposés chez certains patients atteints de kératocône. Ils relèvent d’une prise en charge spécialisée et ne sont pas anodins : une étude a retrouvé une perte d’au moins une ligne de meilleure acuité visuelle corrigée chez la moitié des yeux traités, principalement liée au haze (Moraes, 2019).
Lorsque la récupération rapide est une contrainte majeure
Si vous ne pouvez pas vous permettre plusieurs jours d’inconfort et une vision fluctuante pendant quelques semaines - contraintes professionnelles, parent seul avec de jeunes enfants, déplacements imposés -, et si votre cornée le permet, un LASIK ou un SMILE peuvent être plus adaptés. Ce critère est légitime : il doit être exprimé clairement lors du bilan.
Lorsque la surface oculaire est très sèche ou mal cicatrisante
Une sécheresse oculaire importante et non contrôlée, certaines maladies de la peau ou des muqueuses qui perturbent la cicatrisation, ou des antécédents de cicatrisation pathologique doivent faire discuter l’indication. L’AAO cite, parmi les personnes qui ne sont pas candidates, celles qui souffrent d’une maladie pouvant affecter la cicatrisation ou qui ont des antécédents de cicatrisation excessive (AAO, 2026).
Contrairement à une idée répandue, la PKR ne protège pas systématiquement de la sécheresse chronique. Dans une étude prospective menée chez 143 militaires américains, la sécheresse oculaire chronique à 12 mois concernait 5,0 % des patients opérés par PKR et 0,8 % de ceux opérés par LASIK (Bower, 2015). Les données de la littérature varient selon les études et les définitions utilisées. Retenons surtout que la qualité du film lacrymal avant l’intervention aide à prédire ce risque.
Lorsque le problème principal est lié au cristallin
Après 45 ans environ, la presbytie s’installe, et plus tard le cristallin peut s’opacifier (cataracte). Une PKR ne corrige ni l’un ni l’autre. Chez un patient dont le cristallin commence à perdre sa transparence, remodeler la cornée peut être moins pertinent qu’une chirurgie du cristallin. Ce raisonnement est détaillé dans notre article PresbyLASIK ou implants du cristallin.
Lorsque la chirurgie n’est pas souhaitable
Enfin, il existe des situations où aucune chirurgie n’est la meilleure option : correction encore instable, attentes irréalistes, bénéfice attendu faible au regard des risques, ou patient parfaitement satisfait de ses lunettes ou de ses lentilles. L’AAO le formule simplement : si vous êtes à l’aise avec vos lunettes ou vos lentilles, la chirurgie réfractive n’est pas forcément souhaitable (AAO, 2026).
Les examens qui orientent le choix de la technique
Le bilan préopératoire n’est pas une formalité destinée à valider une décision déjà prise. C’est un processus de sélection, qui conduit parfois à changer de technique, ou à renoncer à opérer.
Les principaux examens et ce qu’ils apportent au choix
| Examen | Ce qu’il mesure | Pourquoi c’est important pour la PKR |
|---|---|---|
| Réfraction, dont sous cycloplégie | Le défaut visuel exact, parfois après dilatation de la pupille | Vérifier la stabilité et l’amplitude de la correction , démasquer une hypermétropie latente |
| Topographie / tomographie cornéenne | La forme des faces antérieure et postérieure de la cornée | Dépister un kératocône débutant ou une cornée à risque d’ectasie |
| Pachymétrie | L’épaisseur de la cornée en différents points | Évaluer la quantité de tissu disponible et le tissu restant après traitement |
| Cartographie épithéliale (selon l’équipement) | L’épaisseur de l’épithélium | Distinguer une irrégularité épithéliale compensatrice d’une vraie anomalie du stroma |
| Examen du film lacrymal et de la surface oculaire | La qualité des larmes, l’état de l’épithélium, les paupières | Anticiper la cicatrisation et le risque de sécheresse |
| Aberrométrie (selon l’équipement) | Les défauts optiques « fins » de l’œil | Adapter le profil de traitement et prévoir la qualité de vision |
| Examen du fond d’œil | L’état de la rétine, notamment en périphérie chez le myope | Dépister des lésions rétiniennes à traiter ou à surveiller |
| Pression intraoculaire et examen du nerf optique | Le risque de glaucome | Un glaucome avancé peut contre-indiquer la chirurgie |
| Entretien sur le mode de vie et les attentes | Métier, sports, conduite de nuit, tolérance à la récupération | Hiérarchiser ce qui compte vraiment pour vous |
Ce qui compte, ce n’est pas un chiffre isolé, mais la cohérence de l’ensemble. Une cornée de bonne épaisseur mais à la topographie suspecte peut être plus préoccupante qu’une cornée un peu fine mais parfaitement régulière. De même, une correction modérée chez un patient pratiquant la boxe n’appelle pas le même raisonnement que la même correction chez un patient qui a besoin de reprendre le travail sur écran au plus vite.
Les principales contre-indications
Les contre-indications ne sont pas toutes du même ordre. Certaines sont définitives, d’autres temporaires ou relatives.
Parmi les situations qui, selon l’AAO, écartent généralement la PKR, figurent (AAO, 2026) :
- une correction instable, qui évolue encore ,
- une maladie de la cornée ou des cicatrices cornéennes significatives ,
- une maladie, notamment cutanée, susceptible de perturber la cicatrisation, ou des antécédents de cicatrisation excessive ,
- un glaucome avancé ,
- une cataracte qui altère la vision ,
- un diabète non équilibré ,
- une grossesse ou un allaitement ,
- des antécédents de certaines infections oculaires, comme l’herpès de la cornée.
À cette liste s’ajoutent les cornées suspectes de kératocône ou d’ectasie, repérées au bilan. Chez le patient jeune, l’AAO recommande au minimum d’avoir 18 ans et, idéalement, plus de 21 ans, avec une correction stable depuis au moins un an (AAO, 2026). L’évaluation des maladies générales, des traitements en cours et de l’état de la surface oculaire se fait au cas par cas.
Comparer sans hiérarchiser : PKR, LASIK et SMILE
Le tableau ci-dessous compare les trois techniques selon les mêmes critères. Il ne désigne pas de « gagnant » : un même critère peut être décisif pour un patient et secondaire pour un autre.
Trois techniques cornéennes, mêmes critères
| Critère | PKR | LASIK | SMILE |
|---|---|---|---|
| Principe | Laser excimer en surface après retrait de l’épithélium | Laser excimer sous un volet cornéen | Lenticule découpé au laser femtoseconde et extrait par une petite incision |
| Volet | Non | Oui | Non |
| Douleur des premiers jours | La plus marquée des trois, en général | Généralement faible | Généralement faible |
| Récupération visuelle | Plus lente (jours à semaines) | Généralement rapide | Généralement rapide |
| Traumatisme direct ultérieur | Pas de volet à déplacer | Risque de déplacement du volet, même tardif | Pas de volet à déplacer |
| Tissu antérieur préservé | Pas de découpe, mais ablation de surface | Couches antérieures sectionnées par le volet | Couches antérieures largement préservées |
| Surface irrégulière, retouche après chirurgie | Souvent adaptée | Au cas par cas | Au cas par cas |
| Défauts traitables | Myopie, hypermétropie, astigmatisme | Myopie, hypermétropie, astigmatisme | Myopie et astigmatisme myopique , indications variables selon les plateformes |
| Point de vigilance spécifique | Haze, douleur, récupération | Complications du volet | Complications liées au lenticule et à l’incision |
Ce qu’il faut retenir pour votre décision
La PKR n’est pas la technique « d’avant », remplacée par des méthodes plus modernes. C’est une technique éprouvée, dont les résultats à long terme sont parmi les mieux documentés de la chirurgie réfractive, et qui reste la plus adaptée dans certaines situations précises. Elle n’est pas non plus la solution idéale pour tout le monde : sa récupération plus longue, son inconfort initial et le risque de haze en cas de correction élevée justifient de réserver son indication aux patients chez qui ses avantages sont réels.
Les bonnes questions à poser lors de votre bilan sont donc :
- Qu’est-ce qui, dans mon examen, oriente vers une PKR plutôt que vers un LASIK ou un SMILE ?
- Ma cornée est-elle fine mais saine, ou présente-t-elle des signes de fragilité ?
- Quelle quantité de tissu restera-t-il après le traitement ?
- Quels sont, pour mon profil, les risques de haze et de sécheresse ?
- Comment la récupération va-t-elle s’organiser avec mon travail et mes activités ?
- Existe-t-il une alternative raisonnable, y compris le fait de ne pas opérer ?
Pour savoir concrètement à quoi vous attendre, vous pouvez lire ce que l’on ressent pendant et après une PKR, puis la chronologie de récupération après une PKR.
Questions fréquentes
La PKR est-elle une technique dépassée ?
Non. C’est la plus ancienne des techniques au laser excimer, mais elle a bénéficié des mêmes progrès que les autres : lasers plus rapides, meilleurs systèmes de suivi des mouvements de l’œil, profils de traitement plus précis, prévention du haze. Elle reste la technique de choix dans plusieurs situations, et elle est autorisée chez les pilotes militaires américains et les astronautes de la NASA (Tanzer, 2024).
Les résultats sont-ils moins bons qu’avec un LASIK ?
Pour la myopie faible à modérée, la synthèse Cochrane ne montre pas de différence significative des résultats à un an entre LASIK et PKR , la différence porte surtout sur la rapidité de la récupération et la douleur initiale (Shortt, 2013). Pour les corrections élevées, le risque de haze et la moindre prévisibilité rendent la comparaison plus nuancée.
Si ma cornée est trop fine pour un LASIK, puis-je toujours faire une PKR ?
Pas forcément. Tout dépend de la raison pour laquelle la cornée est fine, de la correction à réaliser et du tissu qui restera après le traitement. Si la finesse s’accompagne de signes de kératocône, aucune technique laser standard n’est en général indiquée. Un implant ICL ou l’abstention peuvent alors être discutés.
Faut-il choisir la PKR si je pratique un sport de combat ?
C’est un argument fort en sa faveur, mais pas le seul. Le SMILE ne comporte pas de volet non plus et peut être envisagé si votre défaut visuel et votre cornée le permettent. Le choix se fait après le bilan, en tenant compte de l’ensemble de vos données.
Peut-on corriger l’hypermétropie par PKR ?
Oui, la PKR permet de traiter l’hypermétropie et l’astigmatisme hypermétropique, dans certaines limites. Les corrections hypermétropiques ont en général une récupération plus longue et un taux de retouche plus élevé que les corrections myopiques : dans une série de 855 yeux traités par PKR ou LASIK, ce taux était de 12,8 % pour les yeux hypermétropes, contre 6,0 % pour les yeux myopes (Randleman, 2009).
Peut-on faire une PKR sur un œil et un LASIK sur l’autre ?
C’est techniquement possible et cela se discute parfois lorsque les deux yeux sont très différents. Dans la plupart des cas, la même technique est utilisée pour les deux yeux, par cohérence de récupération et de résultat.
Les deux yeux sont-ils opérés le même jour ?
Souvent, oui, mais ce n’est pas systématique. Certains chirurgiens et certains patients préfèrent espacer les deux yeux, notamment en PKR, pour limiter la période pendant laquelle la vision est floue des deux côtés. Cette organisation se décide lors du bilan.
À partir de quel âge peut-on se faire opérer par PKR ?
L’AAO recommande d’avoir au moins 18 ans et idéalement plus de 21 ans, âge auquel la correction est plus souvent stabilisée. Le critère déterminant reste la stabilité de la correction, vérifiée sur les ordonnances et les examens successifs, plus que l’âge seul.
Sources et références médicales
- American Academy of Ophthalmology (EyeSmart). What Is Photorefractive Keratectomy (PRK)? Page publiée le 14 janvier 2026. https://www.aao.org/eye-health/treatments/photorefractive-keratectomy-prk
- Jacobs DS, Afshari NA, Bishop RJ, et al. Refractive Errors Preferred Practice Pattern®. Ophthalmology. 2023,130(3):P1-P60. DOI : 10.1016/j.ophtha.2022.10.031
- Shortt AJ, Allan BD, Evans JR. Laser-assisted in-situ keratomileusis (LASIK) versus photorefractive keratectomy (PRK) for myopia. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2013,(1):CD005135. DOI : 10.1002/14651858.CD005135.pub3
- Reinstein DZ, Archer TJ, Randleman JB. Mathematical model to compare the relative tensile strength of the cornea after PRK, LASIK, and small incision lenticule extraction. Journal of Refractive Surgery. 2013,29(7):454-460. DOI : 10.3928/1081597X-20130617-03
- Franklin QJ, Tanzer DJ. Late traumatic flap displacement after laser in situ keratomileusis. Military Medicine. 2004,169(4):334-336. DOI : 10.7205/milmed.169.4.334
- Tanzer DJ, Brown MC, Schallhorn SC. Photorefractive Keratectomy in Experienced U.S. Naval Aviators: A Prospective Evaluation. Journal of Refractive Surgery. 2024,40(6):e371-e380. DOI : 10.3928/1081597X-20240422-02
- Randleman JB, Woodward M, Lynn MJ, Stulting RD. Risk assessment for ectasia after corneal refractive surgery. Ophthalmology. 2008,115(1):37-50. DOI : 10.1016/j.ophtha.2007.03.073
- Charpentier S, Keilani C, Maréchal M, et al. Corneal haze post photorefractive keratectomy. Journal Français d’Ophtalmologie. 2021,44(9):1425-1438. DOI : 10.1016/j.jfo.2021.05.006
- Majmudar PA, Schallhorn SC, Cason JB, et al. Mitomycin-C in corneal surface excimer laser ablation techniques: a report by the American Academy of Ophthalmology. Ophthalmology. 2015,122(6):1085-1095. DOI : 10.1016/j.ophtha.2015.01.019
- Vestergaard AH, Hjortdal JØ, Ivarsen A, et al. Long-term outcomes of photorefractive keratectomy for low to high myopia: 13 to 19 years of follow-up. Journal of Refractive Surgery. 2013,29(5):312-319. DOI : 10.3928/1081597X-20130415-02
- Moraes RLB, Ghanem RC, Ghanem VC, Santhiago MR. Haze and Visual Acuity Loss After Sequential Photorefractive Keratectomy and Corneal Cross-linking for Keratoconus. Journal of Refractive Surgery. 2019,35(2):109-114. DOI : 10.3928/1081597X-20190114-01
- Bower KS, Sia RK, Ryan DS, et al. Chronic dry eye in photorefractive keratectomy and laser in situ keratomileusis: Manifestations, incidence, and predictive factors. Journal of Cataract and Refractive Surgery. 2015,41(12):2624-2634. DOI : 10.1016/j.jcrs.2015.06.037
- Randleman JB, White AJ Jr, Lynn MJ, et al. Incidence, outcomes, and risk factors for retreatment after wavefront-optimized ablations with PRK and LASIK. Journal of Refractive Surgery. 2009,25(3):273-276. DOI : 10.3928/1081597X-20090301-06
- Serfözö A, Martin C, Munteanu C, et al. Efficacy, safety, and predictability of transepithelial vs mechanical or alcohol-assisted photorefractive keratectomy: meta-analysis. Journal of Cataract and Refractive Surgery. 2025,51(12):1131-1138. DOI : 10.1097/j.jcrs.0000000000001749
- Gurnani B, Patel BC. Photorefractive Keratectomy. StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL) : StatPearls Publishing , mise à jour 2025. PMID : 31751077
