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PKR Article 05

PKR à long terme : un résultat durable, dans un œil qui continue de vivre

Sommaire
  1. Ce que montrent les études avec 12 à 20 ans de recul
  2. À 12 ans : une stabilité maintenue
  3. À 16 ans en moyenne : un résultat qui dépend du niveau de myopie initial
  4. À 20 ans : une cornée stable, un œil qui s’allonge
  5. Pourquoi des lunettes peuvent redevenir utiles
  6. 1. Une régression ou une correction résiduelle
  7. 2. L’évolution naturelle de la réfraction
  8. 3. La presbytie
  9. 4. La cataracte
  10. Chirurgie de la cataracte après une PKR : un point à anticiper dès aujourd’hui
  11. La retouche : quand peut-on l’envisager ?
  12. Ce qu’est une retouche
  13. Pourquoi une retouche n’est jamais automatique
  14. Les conditions nécessaires
  15. Les examens réalisés
  16. Les situations où une retouche n’est pas indiquée
  17. Comment préserver son résultat dans le temps
  18. Questions fréquentes
  19. La PKR est-elle définitive ?
  20. La myopie peut-elle revenir après une PKR ?
  21. Faut-il attendre que la myopie soit stable pour se faire opérer ?
  22. Aurai-je besoin de lunettes pour lire plus tard ?
  23. Combien de temps faut-il attendre avant une retouche ?
  24. Peut-on faire plusieurs retouches ?
  25. Une PKR empêche-t-elle une future chirurgie de la cataracte ?
  26. Peut-on corriger la presbytie par une nouvelle PKR ?
  27. Sources et références médicales

La PKR est l’une des chirurgies réfractives dont le recul est le plus long : des patients ont été suivis pendant plus de 20 ans. La réponse courte est donc la suivante : le remodelage de la cornée obtenu par la PKR est durable. Les études montrent que la puissance de la cornée reste stable pendant des décennies.

Mais un résultat durable ne signifie pas une vision figée pour toujours. L’œil continue d’évoluer : une myopie peut encore légèrement progresser chez certaines personnes, la presbytie apparaît autour de la quarantaine, et le cristallin finit par vieillir. Des lunettes peuvent donc redevenir utiles, ponctuellement ou durablement, sans que cela signifie que l’intervention a « lâché ».

Cet article fait le point sur ce que montrent les études de long terme, sur les raisons d’un éventuel retour des lunettes, et sur les conditions strictes dans lesquelles une retouche peut se discuter.

Ce que montrent les études avec 12 à 20 ans de recul

Trois études de référence permettent de se faire une idée du devenir à long terme. Elles ont un point commun important : elles portent sur des patients opérés dans les années 1990, avec des lasers moins précis et des zones de traitement plus petites qu’aujourd’hui. Leurs résultats ne se transposent donc pas directement aux techniques actuelles, mais elles renseignent précisément sur la durabilité du remodelage cornéen.

À 12 ans : une stabilité maintenue

Dans une étude britannique ayant suivi pendant 12 ans des patients opérés de myopie par PKR, la réfraction obtenue à un an restait stable, sans décalage vers l’hypermétropie, sans fluctuation au cours de la journée et sans régression tardive. Le haze diminuait avec le temps et la meilleure acuité corrigée était entièrement récupérée. Aucun cas d’ectasie n’a été observé. Des halos nocturnes persistaient chez 12 % des patients, en lien avec une zone de traitement de 4 mm, beaucoup plus petite que celles utilisées aujourd’hui (Rajan, 2004).

À 16 ans en moyenne : un résultat qui dépend du niveau de myopie initial

Une étude danoise portant sur 160 yeux, suivis en moyenne 16 ans (13 à 19 ans), a montré une évolution moyenne de la réfraction inférieure à une dioptrie depuis le sixième mois. Chez les patients opérés d’un seul œil, la principale cause du défaut résiduel était la progression de la myopie, c’est-à-dire une évolution naturelle de l’œil. Les résultats étaient bien meilleurs pour les myopies faibles que pour les fortes myopies : 72 % contre 47 % des yeux à moins d’une dioptrie de la cible. Au total, 81 % des patients se déclaraient satisfaits (Vestergaard, 2013).

À 20 ans : une cornée stable, un œil qui s’allonge

L’étude d’O’Brart est particulièrement éclairante. Chez 42 patients opérés dans le cadre d’un essai randomisé et revus 20 ans plus tard (O’Brart, 2014) :

  • la puissance de la cornée n’avait pas changé entre 6 mois et 20 ans ,
  • la myopie avait légèrement augmenté en moyenne entre 1 et 20 ans (d’environ 0,5 dioptrie) ,
  • cette augmentation était nette chez les patients opérés avant 40 ans (environ 0,9 dioptrie en moyenne), et quasi nulle chez ceux opérés après 40 ans ,
  • elle s’accompagnait d’un allongement de l’œil (longueur axiale augmentée de 0,84 mm en moyenne) ,
  • 93 % des cornées étaient claires, et aucun cas d’ectasie n’a été observé.

Cette étude illustre la différence fondamentale entre une correction chirurgicale durable et un œil qui continue d’évoluer. La cornée garde la forme que le laser lui a donnée. Mais si l’œil s’allonge encore un peu, comme cela peut arriver chez l’adulte jeune, une légère myopie peut réapparaître.

Trois études de long terme, trois enseignements

ÉtudeReculEnseignement principal
Rajan et al., 200412 ansStabilité réfractive maintenue , haze décroissant , halos liés à de petites zones de traitement
Vestergaard et al., 201313 à 19 ansRésultats meilleurs pour les myopies faibles , défaut résiduel surtout lié à la progression naturelle de la myopie
O’Brart et al., 201420 ansCornée stable , légère myopisation liée à l’allongement de l’œil, surtout si opéré avant 40 ans , pas d’ectasie

Pourquoi des lunettes peuvent redevenir utiles

1. Une régression ou une correction résiduelle

Dans les mois qui suivent l’intervention, la cicatrisation peut réduire légèrement l’effet du laser : on parle de régression. Elle est plus fréquente après des corrections élevées, en cas d’hypermétropie, ou lorsqu’un haze s’est formé. Un léger défaut peut aussi persister d’emblée, par sous-correction ou sur-correction. Ces situations sont décrites dans notre article sur les risques de la PKR.

2. L’évolution naturelle de la réfraction

Comme le montre l’étude d’O’Brart, la myopie peut continuer à évoluer légèrement chez certains adultes, surtout jeunes, en raison de l’allongement de l’œil. C’est l’une des raisons pour lesquelles la stabilité de la correction avant l’intervention est un critère si important : opérer un œil dont la myopie évolue encore expose davantage à ce retour.

3. La presbytie

La presbytie est la perte progressive, avec l’âge, de la capacité de l’œil à faire la mise au point de près. Elle est due au vieillissement du cristallin, la lentille naturelle située derrière l’iris, qui devient moins souple. Elle se manifeste habituellement à partir de 40 à 45 ans et concerne tout le monde, opéré ou non.

La PKR ne corrige pas la presbytie et ne l’empêche pas (AAO, 2026). Un ancien myope opéré qui voit parfaitement de loin aura donc besoin, un jour, de lunettes pour lire, comme toute personne voyant bien de loin. Certaines stratégies, comme la monovision, consistent à laisser un œil légèrement myope pour la vision de près , elles sont décrites dans notre article sur le fonctionnement du PresbyLASIK.

4. La cataracte

La cataracte est l’opacification progressive du cristallin. Elle survient avec l’âge chez la plupart des personnes et se traite chirurgicalement, en remplaçant le cristallin par un implant. Là encore, la PKR n’en est pas responsable et ne l’empêche pas.

Au début, une cataracte peut modifier la réfraction, souvent vers une myopie, et faire revenir des lunettes pour la vision de loin. C’est l’évolution du cristallin, et non de la cornée, qui est alors en cause.

Chirurgie de la cataracte après une PKR : un point à anticiper dès aujourd’hui

La chirurgie de la cataracte reste tout à fait possible après une PKR. Mais le calcul de la puissance de l’implant est plus délicat. La cornée ayant été remodelée, les appareils de mesure et les formules classiques peuvent se tromper, ce qui peut entraîner une « surprise réfractive », c’est-à-dire une correction finale différente de celle visée (Savini, 2018).

Il existe aujourd’hui des méthodes de calcul spécifiques, qui donnent des résultats relativement précis : une revue de référence rapporte que 60 à 70 % des yeux obtiennent une erreur de prédiction inférieure à 0,5 dioptrie (Savini, 2018). Pour comparaison, cette précision est en général meilleure dans des yeux jamais opérés. Certaines méthodes fonctionnent même sans connaître les données d’avant la chirurgie réfractive, mais disposer de ces données reste un atout.

La retouche : quand peut-on l’envisager ?

Ce qu’est une retouche

Une retouche (ou « reprise ») consiste à réaliser un traitement complémentaire pour corriger un défaut résiduel. Après une PKR, il s’agit le plus souvent d’une nouvelle photoablation de surface. L’AAO indique que les sous-corrections ou sur-corrections peuvent souvent être améliorées par des lunettes, des lentilles ou un traitement laser complémentaire (AAO, 2026).

À titre indicatif, une étude portant sur 855 yeux traités par PKR ou LASIK avec une plateforme moderne retrouvait un taux de retouche de 6,3 %, sans différence entre les deux techniques. Les yeux hypermétropes (12,8 %) et ceux présentant un astigmatisme d’au moins une dioptrie (9,1 %) étaient plus souvent retouchés (Randleman, 2009). Ces taux varient selon les équipes, les plateformes et les critères utilisés pour décider d’une retouche.

Pourquoi une retouche n’est jamais automatique

Un défaut résiduel ne justifie pas à lui seul une nouvelle intervention. La question n’est pas seulement « reste-t-il un défaut ? », mais « ce défaut vous gêne-t-il, et le traiter apporte-t-il plus de bénéfices que de risques ? ». Une petite correction résiduelle sans retentissement fonctionnel ne mérite souvent pas d’être traitée.

Les conditions nécessaires

Avant d’envisager une retouche, plusieurs conditions doivent être réunies :

  • une réfraction stable, vérifiée sur plusieurs contrôles espacés, généralement plusieurs mois après l’intervention initiale ,
  • une cornée suffisamment épaisse, avec une marge de tissu compatible avec un nouveau traitement : c’est la mesure de l’épaisseur cornéenne résiduelle ,
  • une cornée saine : absence de signes d’ectasie à la topographie et à la tomographie ,
  • l’absence de haze significatif, ou sa prise en compte dans la stratégie ,
  • une surface oculaire en bon état, sans sécheresse importante ,
  • une cause identifiée : il faut distinguer une vraie régression d’une myopie qui évolue, d’une cataracte débutante ou d’un problème de surface ,
  • des attentes réalistes et une gêne réelle.

Les examens réalisés

Une retouche se prépare comme une première intervention, avec un bilan complet : réfraction, topographie et tomographie cornéennes, pachymétrie, souvent cartographie de l’épithélium (qui a pu s’épaissir pour compenser une partie du traitement), examen de la transparence de la cornée et du cristallin, examen du film lacrymal et du fond d’œil.

La retouche après PKR comporte des spécificités. Le risque de haze est à nouveau présent, et l’usage de la mitomycine C est souvent discuté dans ce contexte (Majmudar, 2015). La récupération est comparable à celle de la première PKR : douleur les premiers jours, vision floue pendant la cicatrisation.

Les situations où une retouche n’est pas indiquée

  • une réfraction qui évolue encore ,
  • une épaisseur cornéenne insuffisante ou une cornée suspecte ,
  • une correction résiduelle faible et bien tolérée ,
  • une gêne liée à la sécheresse ou à la surface oculaire, qu’un nouveau laser aggraverait ,
  • une baisse de vision liée à une cataracte débutante : une chirurgie du cristallin est alors plus logique ,
  • une presbytie : une nouvelle PKR de loin ne résout pas la vision de près, et d’autres stratégies doivent être discutées ,
  • des attentes qu’aucune retouche ne pourrait satisfaire.

Dans ces cas, des lunettes pour certaines activités, des lentilles, ou une autre stratégie chirurgicale peuvent être plus adaptées.

Comment préserver son résultat dans le temps

  • Ne vous frottez pas les yeux, surtout de façon répétée : c’est un facteur de risque reconnu de fragilisation de la cornée (Giri, 2017).
  • Faites contrôler votre vue régulièrement, même si vous voyez bien : la pression oculaire, la rétine et le cristallin doivent être surveillés au fil des années, comme chez tout adulte, et plus encore en cas de forte myopie initiale.
  • Si vous étiez fortement myope, faites surveiller votre rétine. La chirurgie corrige la cornée, mais ne modifie pas la fragilité rétinienne liée à la myopie : les patients fortement myopes gardent un risque accru de décollement de rétine, qui justifie une surveillance du fond d’œil (Feki, 2005).
  • Consultez rapidement en cas de baisse de vision, de déformation des images ou d’apparition de « mouches volantes » nombreuses et d’éclairs lumineux, qui peuvent signaler un problème rétinien.
  • Conservez votre dossier de chirurgie réfractive.

Questions fréquentes

La PKR est-elle définitive ?

Le remodelage de la cornée est durable : sa puissance reste stable pendant des décennies (O’Brart, 2014). En revanche, l’œil continue d’évoluer avec l’âge. Une légère myopie peut réapparaître chez certains patients, et la presbytie puis la cataracte peuvent faire revenir des lunettes.

La myopie peut-elle revenir après une PKR ?

Oui, dans une certaine mesure, surtout chez les patients opérés jeunes. Dans l’étude à 20 ans, la myopie avait augmenté d’environ 0,9 dioptrie en moyenne chez les patients opérés avant 40 ans, en lien avec l’allongement de l’œil (O’Brart, 2014). C’est pourquoi la stabilité de la correction avant l’intervention est vérifiée avec soin.

Faut-il attendre que la myopie soit stable pour se faire opérer ?

Oui. Une correction stable depuis au moins un an est l’un des critères classiques (AAO, 2026). Opérer une myopie qui évolue encore expose davantage à un retour de la myopie.

Aurai-je besoin de lunettes pour lire plus tard ?

Très probablement, à partir de 40 à 45 ans, comme toute personne qui voit bien de loin. La presbytie est liée au vieillissement du cristallin et n’est ni causée ni empêchée par la PKR (AAO, 2026).

Combien de temps faut-il attendre avant une retouche ?

Il faut attendre que la réfraction soit stable, ce qui demande généralement plusieurs mois et plusieurs contrôles concordants. La décision dépend ensuite de la cornée, de la gêne ressentie et du bénéfice attendu.

Peut-on faire plusieurs retouches ?

Chaque traitement retire du tissu. Le nombre de retouches est donc limité par l’épaisseur et la santé de la cornée. Au-delà d’une retouche, d’autres options, voire l’abstention, sont souvent plus raisonnables.

Une PKR empêche-t-elle une future chirurgie de la cataracte ?

Non. La chirurgie de la cataracte reste possible. Le calcul de l’implant est simplement plus délicat et fait appel à des méthodes spécifiques (Savini, 2018). Signalez toujours votre antécédent de PKR et conservez vos documents.

Peut-on corriger la presbytie par une nouvelle PKR ?

Certaines stratégies cornéennes, comme la monovision, peuvent être envisagées chez des patients sélectionnés, après un bilan spécifique. Elles impliquent des compromis. Lorsque le cristallin commence à vieillir, une chirurgie du cristallin peut être plus pertinente : voir notre article PresbyLASIK ou implants du cristallin.

Sources et références médicales

  • O’Brart DP, Shalchi Z, McDonald RJ, et al. Twenty-year follow-up of a randomized prospective clinical trial of excimer laser photorefractive keratectomy. American Journal of Ophthalmology. 2014,158(4):651-663.e1. DOI : 10.1016/j.ajo.2014.06.013
  • Rajan MS, Jaycock P, O’Brart D, et al. A long-term study of photorefractive keratectomy, 12-year follow-up. Ophthalmology. 2004,111(10):1813-1824. DOI : 10.1016/j.ophtha.2004.05.019
  • Vestergaard AH, Hjortdal JØ, Ivarsen A, et al. Long-term outcomes of photorefractive keratectomy for low to high myopia: 13 to 19 years of follow-up. Journal of Refractive Surgery. 2013,29(5):312-319. DOI : 10.3928/1081597X-20130415-02
  • American Academy of Ophthalmology (EyeSmart). What Is Photorefractive Keratectomy (PRK)? Page publiée le 14 janvier 2026. https://www.aao.org/eye-health/treatments/photorefractive-keratectomy-prk
  • Savini G, Hoffer KJ. Intraocular lens power calculation in eyes with previous corneal refractive surgery. Eye and Vision. 2018,5:18. DOI : 10.1186/s40662-018-0110-5
  • Randleman JB, White AJ Jr, Lynn MJ, et al. Incidence, outcomes, and risk factors for retreatment after wavefront-optimized ablations with PRK and LASIK. Journal of Refractive Surgery. 2009,25(3):273-276. DOI : 10.3928/1081597X-20090301-06
  • Majmudar PA, Schallhorn SC, Cason JB, et al. Mitomycin-C in corneal surface excimer laser ablation techniques: a report by the American Academy of Ophthalmology. Ophthalmology. 2015,122(6):1085-1095. DOI : 10.1016/j.ophtha.2015.01.019
  • Giri P, Azar DT. Risk profiles of ectasia after keratorefractive surgery. Current Opinion in Ophthalmology. 2017,28(4):337-342. DOI : 10.1097/ICU.0000000000000383
  • Feki J, Trigui A, Chaabouni M, et al. [Retinal detachment after Excimer laser (myopic LASIK or PRK). A retrospective multicentric study: 15 cases] (article en français). Journal Français d’Ophtalmologie. 2005,28(5):509-512. DOI : 10.1016/s0181-5512(05)81088-5

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